• °"Un oiseau rit dans ses ailes" Depuis quand je cite Eluard dans mes titres ? (Faut que j'arrête les titres à rallonge, après ça pourrit mon effet "carnet" parce que ya du rou

    °      Sur la maison du rire
           Un oiseau rit dans ses ailes.
           Le monde est si léger
           Qu'il n'est plus à sa place
           Et si gai
           Qu'il ne lui manque rien.          
    [Paul Eluard, Capitale de la douleur]

    J'essaie de comprendre pourquoi ce poème m'obsède. Pourquoi je l'aime. Mais ça n'a pas d'importance.

    Il y a un poème de Prévert qu'on m'a forcée à apprendre quand j'étais en primaire °j'estime l'époque du cataclysme à mon année de CM1, sans conviction°. Ce poème est connu, enfin je crois, il parle d'une méthode pour attraper un oiseau. Peindre un arbre, non, peindre une cage, et puis un truc qui attirerait l'oiseau dedans et poser le tableau contre un arbre °j'avais anticipé l'apparition de l'arbre° et puis attendre qu'un oiseau trop con ou naïf se pose dans la cage °c'est un poème je vous rappelle, tout peut arriver° et alors arrivait le moment que je détestais °que je déteste encore° où il fallait fermer la porte avec le pinceau pour que l'oiseau reste prisonnier, bien sûr il disait pas "prisonnier", pas fou le poète, ça casse tout, surtout qu'il était pacifiste et de gauche Prévert, et puis il oubliait pas de dire qu'on effaçait les barreaux, sinon ça fait pas clean, n'empêche l'oiseau il était enfermé et à la fin, il reprenait pas sa liberté, surtout que la porte de la cage avait disparu avec les barreaux donc on pouvait plus l'ouvrir.

    Je viens de retrouver et de relire "Pour faire le portrait d'un oiseau" et j'avais oublié le meilleur : à la fin, si l'oiseau ne chante pas c'est mauvais signe, signe que le tableau est mauvais, autrement dit l'oiseau, il est coincé pour toujours et surtout pour rien, mais s'il chante, on peut lui arracher une plume pour signer le désastre. Youpi.

    D'habitude j'aime vraiment bien Prévert, même si parfois c'est un peu facile de dire "la guerre c'est pas très très bien". Mais là franchement, c'est une horreur. M'en fous du soit-disant effet poétique, "peindre la poussière du soleil" et tout. A cause de cette poésie débile qu'on a fait ingurgiter à toute notre classe qui a ensuite été contrainte de l'annonner avec application à côté du bureau de la maîtresse °29 récitations du texte à fort potentiel vomitif°, à cause de ça, j'ai bien failli ne jamais aimer la poésie.

    N'ai changé d'avis qu'il y a 3 mois. Merci Madame Bel-Homme de Petite Taille. Merci Eluard. J'ai même lu Paroles et j'ai trouvé ça pas si mal. Surtout L'orgue de Barbarie.

    Tout ça pour dire que ça devrait être interdit de faire apprendre des "récitations" aux mioches en primaire. C'est le genre de connerie de l'éducation nationale °une de +° qui traumatise des générations. Comme si on pouvait "initier l'enfant à la sensibilité poétique". Pfff! Remarquez, j'ai pas parlé de Desnos, je crois que pour dégoûter de la poésie, ya pas mieux.

    En fait si je vous raconte tout ça °je me rattrape, ça faisait des jours que je pouvais plus rien écrire tellement on a de devoirs "eh oui c'est ça la Terminale" gnéé j'adore ton sens aigu de l'analyse P'pa, enfin bon pour l'instant j'ai pas à me plaindre, il n'a pas encore sorti le célèbre "dis donc va falloir limiter l'ordi cette année..."° donc si je vous raconte tout ça, c'est parce que je suis retombée sur une page gribouillée il y a longtemps dans un cahier, je venais de lire le poème d'Eluard et ça m'a fait penser à l'autre de Prévert, parce que sur le coup c'était tout à fait inconscient mais le lien entre cette page et ce simulacre de poème bondit aux globes oculaires, enfin bref, c'est pas très clair, pour une fois que je fais un article qui part dans tous les sens et qui ne demande donc à peu près aucune réflexion... c'est marrant, j'écris le double de d'habitude en 3 fois moins de temps, BREF j'arrive à ce que je voulais écrire au départ °je sens que je suis en train de vous perdre, amis lecteurs, promis, ça ne se reproduira (peut-être) pas (souvent)° :

    Cette année est ma dernière année de calme tourment. Donc l'année de tous les questionnements. Dans 3 mois, inscriptions pour le bac. Dans 5 mois, inscriptions pour APRES. Va falloir prendre des décisions. Choisir.

    On se demande ce qu'on sera après. Et puis d'un coup on se demande ce qu'on a foutu tout ce temps, avant, quand on avait le temps de réfléchir et qu'on a rien prévu. Le 19 mai, ça donnait ça (à quelques modifications près)...

    "" Quand on est petit on a plein de rêves, plus tard, plus tard je ferai ça. Et puis on attend. On n'a pas encore l'âge. Et on s'enterre. Sans même le savoir, on construit avec application une jolie cage, la vie provisoire pour attendre la réalisation des rêves. Et sans même s'en rendre compte, on tresse la cage sans prévoir la porte. On est trop occupé à attendre pour penser à s'envoler. Après on peut bien s'écorcher les doigts sur les barreaux, c'est trop tard, tout nous retient à l'ancien "provisoire".

    Je pense aux portes. J'y pense tout le temps. Petite, j'ai dû lire ou entendre une mise en garde.
    J'ai pensé aux porte. Je n'ai pas oublié d'en faire plusieurs dans les murs de ma cage. Mais encore faut-il oser les ouvrir.
    J'ai peur de dehors.
    J'ai peur de ne pas savoir voler.
    J'ai peur d'ouvrir la mauvaise porte. Non ! Il n'y a PAS de mauvaise porte. (Je tente de m'en convaincre.)
    J'ai peur du confort de ma petite cage. Je me méfie de tout et surtout de moi.
    J'ai peur d'avoir inventé ces portes et de rester prisonnière.
    J'ai peur de faire comme les autres, j'ai peur de faire leurs erreurs et de me contenter de leurs piètres victoires.
    J'ai peur d'être comme les autres. J'ai peur que ma vie soit écrite à côté de celle de milliards d'autres dans un grand llivre à l'encre indélébile.
    J'ai peur de ne pas pouvoir choisir Ou de ne pas osser choisir.
    J'ai peur d'attendre toute ma vie.
    J'ai peur d'ouvrir une porte et de comprendre que ma jolie cage me protégeait de l'enfer.
    J'ai peur que les portes se ferment avant que je les ouvre, ou qu'elles claquent derrière moi, m'empêchant de faire marche arrière.
    J'ai peur de rester immobile. J'ai peur de bouger et de tout perdre.

    Faut vraiment que je me décide à faire ce que je suis au lieu d'observer la situation. ""

     

    Je crois que le point de départ de tout ça, c'est mon inscription à l'école d'Art. C'est fascinant de voir tous les points communs qui existent entre les choses.° 


  • Commentaires

    1
    tam
    Mardi 18 Septembre 2007 à 18:49
    bah
    jtrouve ke ce ke tu avai marké le 19 mai, bah c tré bien ecri ! (come dab mai en mieu) ^^^
    2
    Samedi 22 Septembre 2007 à 11:57
    ton com et ton "j'ai peur"
    merci pour ton nouveau com de par chez moi, ça m'a fait plaisir! Et puis ça m'a aussi fait drôle de lire ta référence à mon blog (tu dis que ça parlait du temps alors ça me paraissait clair!), pourtant, c'est sur cette note-ci que je laisse un commentaire. Pourquoi? Parce quoi moi-même, je suis très touché par la fin de ta note, sur l'anaphore de "j'ai peur", je trouve ça très bien écrit et puis en plus je ressens exactement la même chose, c'est drôle; vraiment, ça me parle beaucoup ta fin de note.
    3
    trois quatre cinq si
    Lundi 30 Mars 2009 à 01:41
    escale sur ton blog
    Moi aussi je sais que je vais me remettre à mes révisions depuis quelques heures... Je te suggère juste de lire ou relire "Liberté" d'Eluard. Et merci pour cette ballade en air de contradictionnnie
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