°
Offrir quelques plumes aux griffes d'un lynx.
Du bout des doigts, retrouver l'hyperbole.
Pas la moindre férocité, mais affamés.
Être (et avoir) en vie.
°
Impossible de vous dire qui je suis, ça change tout le temps.
On dit que je me pose trop de questions, que je me complique la vie. C'est toujours mieux que l'inverse.
Ce blog est une tentative désespérée de représenter partiellement l'imbroglio généralisé qui a élu domicile quelque part entre Moi et Ça, parfois auto-proclamé abusivement (et fort subjectivement) "Réflexions".
Alors lisez-le si vous avez un peu de temps, peut-être que vous comprendrez mieux que moi.
NDLR : Nous déclinons toute responsabilité en cas d'incompréhension sémantique de la terminologie employée ci-contre; ci-après, ci-dessus et ci-joint.
2ème heure de philosophie. DS de 4 heures. T'as fait ton plan, t'as même trouvé un simulacre de problématique (le plan sous forme de questions métaphysiques, je vous jure que ça leur plait.) Et là, t'aiguises tes dents sur le bouchon de ton stylo pendant 20 minutes. Tu regardes les autres. Tu retournes ton brouillon et t'écris.
"Il me faut une amorce.
Mouais. Bon. 11h33. Tout va bien.
Envie d'avoir fini.
Mdr. Cham a fait des dessins de bonhommes trop marrants sur son brouillon.
C'est une artiste.
Amorce. Va trouver un exemple problématique dans l'actualité d'objet technique artistique.
J'hésite à tenter l'affaire Brancusi.
[Baille]
Eh en fait, le prof il a presque le même sac que mon père. Mais en noir. Qu'est-ce qu'il lit ?
Faut qu'je m'y mette là.
Les S se font engueuler à côté. "Waaah elle est trop bien notre prof, en + elle est trop belle." Ok, génial, mais elle a un caractère de merde.
Enfin bon, moi j'dis ça, j'dis rien, hein.
Nanou, arrête de croustiller...
Genre Juliette va aux toilettes... j'suis sûre qu'elle a ses feuilles de cours dans sa dent creuse.
Si je demande à y aller d'un air décontracté et que j'emmène mon trieur au passage, ça se verra ?
Bon, ouais, mais nan, c'est pas sérieux ces conneries, il est 11h43 là, au boulot.
Il me faut une amorce...
Mouais. Bon. 11h44. Tout va bien."
| Gares de départ et d'arrivée | Horaires | Train(s) | Durée : 14h30 |
| PARIS GARE DE LYON | 07h42 |
9241
|
Période de pointe |
| MILANO CENTRALE | 14h50 |
|
|
| MILANO CENTRALE | 16h00 | 9445 | |
| NAPOLI CENTRALE | 22h12 | ||
De là je prends un bateau et je suis en Sicile après-demain matin. Pour faire des stocks de citron que quand on l'épluche, ça a une forme d'agrume. Et qui fait les dents blanches avec l'écorce.
"Mesdames et Messieurs, nous sommes actuellement immobilisés en pleine voie, pour votre sécurité, veuillez ne pas tenter d'ouvrir les portes... Veuillez rester à vos places s'il vous plaît... Nous venons de... louper la gare de M**. ... La SNCF vous prie de l'excuser pour cet incident."
Défi de la semaine : création d'un OFNI. C'est la même chose que ce que vous pensez, mais ça flotte. Alors m'en vais faire voguer un cactus sur un parapluie hydrophile. Les voiles seront tissées de citations tégéhéliques. Ouais, ça va être bien.
Défi N°2 : apprendre à dessiner une hermine. Merci à L.
Défi N°3 : finir le DM d'Allemand.
Il semblerait que le monde tende vers l'improbable. Réjouissons-nous.°
Publié par Swani à 20:36:21 dans ...Ecrire !° | Commentaires (3) | Permaliens
° Il existe des génies. Incontestablement.
"Il est grand temps de rallumer les étoiles."
Apollinaire a écrit ça, un jour, avant de mourir un bout de plomb dans le crâne.
Essayer de me persuader que ces mots sont nés de l'accouplement d'enzymes et de protéines, écrasés par un absurde enchaînement logique de causes et de conséquences, c'est l'idée la plus misérablement humaine qu'on puisse avoir.
Vous allez finir par croire que je n'aime pas les gens.
C'est à cause des limites. D'un point de vue purement aérodynamique, le bourdon ne devrait pas pouvoir voler. Mais il ne le sait pas. Alors il vole.
Voilà tout.
J'ai peut-être tort, sûrement même, s'acharner à défendre la liberté, c'est si...
Le problème est le suivant : on nous explique en septembre qu'une théorie est toujours provisoire, qu'on attend toujours de trouver le contre-exemple, un seul minuscule contre-exemple pour tout remettre en cause, et ça la renforce. On ajoute que faire confiance à ses sens, à son instinct, n'est pas toujours une bonne idée. On nous balance en avril (non, pas le 1er) qu'on n'a pas de preuve que c'est pas possible mais que comme ça paraît improbable, bah c'est sûrement que ça existe pas. Vous venez d'assister à la mort du libre arbitre.
Je m'en fous, il est grand temps de sacrifier le principe de causalité sur l'autel de Buridan, sans remords. Soyons improbables.°
Publié par Swani à 20:36:41 dans ...Ecrire !° | Commentaires (1) | Permaliens
° Pour une fois que j'étais pas [excessivement] en retard pour manger, j'ai vu une partie du journal de 20heures.
Reportage sur un fait pas d'actualité.
Un fait actuel, mais éternel.
Un principal a découvert (avec l'extrême lucidité et la clairvoyance qui caractérisent tous les êtres de cette espèce) que des élèves de son bahut étaient... des souffre-douleurs.
Vous savez, oui, évidemment, vous savez. Les souffre-douleurs, ceux qu'on n'aime pas, on ne sait pas pourquoi.
De toute façon personne ne les aime, ils ont bien dû faire quelque chose pour qu'on pense tous la même chose. Alors on se débrouille pour ne pas être à côté d'eux en cours, ne pas leur adresser la parole, ne pas manger avec eux.
"Ce sont des élèves à part, qui sont + faibles" Voilà le genre de conneries qui explique l'existence des bouc-émissaires. [Racheter ses péchés. En étouffant de haine celui qui ferme sa gueule]
Vous en connaissez, oui, bien sûr, c'est "normal". Mais celui que vous connaissez, c'est pas pareil, parce qu'il est vraiment bizarre. Vous comprenez ?
Vous avez déjà essayé de lui parler mais il répond à peine, on dirait qu'il cherche à fuir, c'est chiant. Des fois il répond même pas. Franchement ça se fait pas, faut qu'il fasse des efforts de son côté aussi. Et puis j'sais pas, à mon avis il s'en fout tu vois, parce que sinon bah il irait en parler à quelqu'un. Moi je serais à sa place, j'me laisserais pas faire.
Donc c'est pas votre faute. Bah non. C'est jamais la faute de personne.
Et puis des fois on lui fait des blagues marrantes et il rigole même pas. Un con quoi.
"Le problème de ces élèves, c'est qu'ils ne parlent pas de leur souffrance. Alors il faut essayer de détecter d'autres signes. Aller souvent à l'infirmerie, ou ne plus venir en cours."
Ben voyons. Excellente méthode, inclinons-nous devant la perspicacité de ces grands psychologues ! Avec ces symptômes éloquents, ils vont se retrouver avec toutes les pouffes de leur bahut sur les bras. Surtout celles qui gloussent fort, celles qui rigolent aux blagues trop marrantes de leurs potes trop fun quand ils cachent le sac de sport de l'autre con en haut des casiers. Celles dont l'autre con est amoureux, parfois.
Alors voilà, on attend qu'ils ne viennent plus en cours pour se poser des questions.
"Parfois, un changement d'établissement est à envisager."
Tellement rejeté qu'il doit disparaître. Fabuleux.
Ceux qui meurent de douleur n'abandonnent pas toujours.
Je ne dis pas que ceux qui n'ont plus la force de vous affronter souffrent moins. Je dis que chacun fait comme il peut, c'est-à-dire mal, en général.
A force de lui rappeler qu'il ne mérite pas votre respect, qu'il ne sert à rien, qu'il n'est même pas vraiment humain, vous le persuadez. Alors il accepte. Il y a les autres, et lui. Qui ne peut rien faire et qui ne fait rien, parce que ça ne sert à rien. Mais qui reste là. Qui se transforme en mur fantomatique. Il essaie de disparaître, de se soustraire à vos regards, mais il est toujours là. Il ne réagit plus, c'est ça qui vous énerve, il ne réplique plus, il emmagasine. L'énergie que vous mettez à le détruire foudroie son corps et son esprit absorbe la haine.
Ce qui est terrifiant, ce n'est pas que des tueries comme celle du lycée de Colombine aient lieu. C'est qu'elles soient si rares.
Ce qui est terrifiant, c'est que la seule méthode pédagogique qu'ils aient trouvée pour "lutter contre ce phénomène", c'est faire écrire aux mioches de 6èmes les règles qu'ils s'engagent à respecter. "Je ne formerai pas un groupe contre une personne."
Vu le succès de "Tu ne tueras point", on est en droit de douter de l'efficacité de "l'innovation".
J'ose croire qu'il nous hait. Je l'espère.
Je ne suis pas meilleure que vous. J'ai juste décidé d'arrêter.
Non, je ne suis pas gentille. Le problème ne vient pas de là. C'est si facile d'être méchant. Tellement pratique. On n'y peut rien, n'est-ce pas ? Vous ne comprenez même pas le sens du mot "méchant". (Pour le comprendre, il faudrait être du mauvais côté du rire, de temps en temps.) Le problème c'est que vous êtes libres.
Moi aussi j'ai rit. Non, je ne me moquais pas, je riais juste aux blagues. Comme vous. Coupable en toute quiétude.°
Publié par Swani à 01:20:51 dans ...Ecrire !° | Commentaires (7) | Permaliens
° En ce moment, je découvre avec joie et passion l'univers de Jacques le Fataliste.
Faut avouer que c'est moins pire que prévu.
Même si au bout de 20 pages on a envie de gueuler "MAIS TU VAS NOUS LA RACONTER UN JOUR, L'HISTOIRE DE TES AMOURS, AU LIEU DE TE PROMENER A CHEVAL ???"
Faut même avouer que parfois c'est drôle. Et pas con.
Hier soir j'ai lu un passage qui m'a bien plu.
"Jacques : Je n'aime pas à parler des vivants, parce qu'on est de temps en temps exposé à rougir du bien et du mal qu'on en a dit ; du bien qu'ils gâtent, du mal qu'ils réparent.
Le Maître : Ne sois ni fade panégyriste, ni censeur amer ; dis la chose comme elle est.
Jacques : Cela n'est pas aisé. N'a-t-on pas son caractère, son intérêt, son goût, ses passions, d'après quoi l'on exagère ou l'on atténue ? Dis la chose comme elle est !... Cela n'arrive peut-être pas deux fois en un jour dans tout une grande ville. Et celui qui vous écoute est-il mieux disposé que celui qui parle ? Non. D'où il doit arriver que deux fois à peine en un jour, dans toute une grande ville, on soit entendu comme on dit. [...] Si l'on ne dit presque rien dans ce monde, qui soit entendu comme on le dit, il y a bien pis, c'est qu'on n'y fait presque rien qui soit jugé comme on l'a fait.
Le Maître : Il n'y a peut-être pas sous le ciel une autre tête qui contienne autant de paradoxes que la tienne.
Jaques : Et quel mal y aurait-il à cela ? Un paradoxe n'est pas toujours une fausseté."
[Avis au TGL : vous trouvez pas que "fade panégyriste" c'est aussi marrant qu' "hybride et flasque" ? Je sais pas ce que ça veut dire, mais j'adopte.] [Nan Emilie, TGL ne veut pas dire Tartine Géante de Lama]°
Max, je te dois des excuses : tu ES l'inventeur du concept "Diderot précurseur du blog" (même si je m'étais déjà fait cette réflexion quelques jours auparavant) : Boiseime ne parlait en effet pas de Diderot mais de Monteigne (comme quoi, il y a beaucoup de gens qui ont inventé les blogs avant qu'ils n'existent. Ce qui est toujours mieux que de le faire après). [en cliquant, découvrez en exclusivité l'article de mon blogg sous lequel repose le commentaire de Boiseime !]
Publié par Swani à 12:34:39 dans ...Ecrire !° | Commentaires (25) | Permaliens
° Cher Père Noël,
Je t'ai jamais écrit avant. Parce que quand j'ai su écrire, je venais juste d'apprendre que t'existais pas.
Maintenant
c'est bon, j'ai grandi, j'en veux plus à mes parents de m'avoir menti.
D'ailleurs j'pense pas leur en avoir voulu. J'me suis sentie con quand
j'ai découvert que d'autres étaient au courant avant moi, et j'en ai
surtout voulu à ma maîtresse de Grande Section, puisque c'est elle qui
nous a balancé "mais vous savez, le Père Noël il existe pas..." et
blablabla.
Je sais plus comment elle nous avait expliqué l'ignoble mensonge que la
société se complaisait à nous faire gober depuis notre naissance pour
voir nos p'tits yeux briller, mais elle a pas dû dire ça comme il
fallait parce que c'est elle que j'ai détestée.
Mais bon, ça tu t'en moques, hein Père Nono, toi t'as envie de savoir ce que j'veux pour mon Noël.
Bah je sais pas.
Première fois de ma vie. Avant, je guettais l'arrivée des catalogues de jouets, à la fin des vacances de Noël. Dans la semaine j'avais fini ma liste. Depuis quelques années, j'avais même plus besoin des catalogues, j'avais déjà trop d'idées.
Mais cette année, non. Déjà, j'avais pas prévu que ça arriverait si vite, Noël. Or c'est dans... °Je jette un oeil à mon calendrier. Je récupère l'oeil° ... un mois ! Ah ouais, donc c'est pire que ce que je craignais.
J'l'ai dit à mes
parents, ils ont essayé de couvrir le soupir de soulagement de leur
porte-monnaie en me disant : "C'est normal, tu grandis."
J'ai pas trouvé le rapport, à moins que grandir signifie "obtenir ce qui nous manque". Mais alors j'suis déjà super vieille. o_O
Père Noël, je voudrais juste du temps, s'il te plait.
J'en peux plus de devoir
faire des choix, de choisir de faire mes devoirs, de pas avoir le temps
d'en perdre, de pas en avoir assez pour les autres. Je sais pas ce qui
se passe, j'ai dû casser celui qu'on m'a offert à la naissance, il
délire complètement et il accélère de plus en plus.
Le temps, c'est ce qui empêche les choses d'arriver toutes au même moment. Sauf que ya pas assez de temps. Donc ya quand même des choses qui se produisent simultanément.
Alors si c'est vraiment pas possible pour le temps, tu peux toujours le remplacer par un don d'ubiquité °pas d'ébriété par contre, merci.°
Je te dérange pas plus longtemps, je vais retourner fureter sur amazon.fr pour trouver des cadeaux aux autres.
Merci d'avance pour l'attention que tu voudras bien me porter.
Swani.°
Publié par Swani à 16:40:05 dans ...Ecrire !° | Commentaires (7) | Permaliens
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