°
Offrir quelques plumes aux griffes d'un lynx.
Du bout des doigts, retrouver l'hyperbole.
Pas la moindre férocité, mais affamés.
Être (et avoir) en vie.
°
Impossible de vous dire qui je suis, ça change tout le temps.
On dit que je me pose trop de questions, que je me complique la vie. C'est toujours mieux que l'inverse.
Ce blog est une tentative désespérée de représenter partiellement l'imbroglio généralisé qui a élu domicile quelque part entre Moi et Ça, parfois auto-proclamé abusivement (et fort subjectivement) "Réflexions".
Alors lisez-le si vous avez un peu de temps, peut-être que vous comprendrez mieux que moi.
NDLR : Nous déclinons toute responsabilité en cas d'incompréhension sémantique de la terminologie employée ci-contre; ci-après, ci-dessus et ci-joint.
° Un jour, une idée étrange traverse ton esprit : aller voir quels mots clés permettent à tes lecteurs de te rencontrer.
Tu vas voir. Et tu en conclues que les autres ont des idées largement + étranges.
Ceci revient à dire que depuis le 1er septembre :
Et puis ce qu'il y a de mieux dans les mots clés, c'est ceux qu'on comprend pas.
Et mon petit préféré pour la fin :
Publié par Swani à 18:32:38 dans ...Rire !° | Commentaires (1) | Permaliens
° Suite du voyage en Corse.
Dimanche 10 août
P'pa explique les choses de la vie à son fils : "Tu vois, ce qui est chiant dans la vaisselle, c'est que quand tu crois avoir fini, tu découvres toujours que t'as oublié quelque chose. Comme cette poële."
On est arrivés + au sud. Mauvaise première nuit. Trop chaud. Puis les voisins ont pris leur petit déj vers 8h. Ensuite ils se sont mis à parler à Chanel. On n'a toujours pas réussi à savoir si c'est leur mioche ou leur clebs, mais à vrai dire ça change rien.
Ce qu'on regrette un peu de l'autre location :
- le panorama de carte postale avec vue sur la mer
- certains détails comme le tapis de bain, les deux douches (dont une dans la chambre des parents, pratique pour se rincer vite avant le dîner quand on rentre de la plage).
On ne regrettera pas :
- les sommiers qui grincent (j'ai dormi avec mon matelas par terre toute la semaine)
- le soleil qui nous réveillait tous les matins à 7h30 (on pouvait pas fermer les volets sinon on mourait carbonisés)
- les algues de la plage (je vous ai déjà parlé de mes phobies ?)
- l'absence de télé, de lave-vaisselle et de machine à laver (nan mais on se serait cru au Moyen-Age, sérieux)
- les portes qui grincent, très pratique quand on vient enfin de se rendormir et que les parents se lèvent à 9h (on dormait dans la pièce principale avec LeFrère)
- les moustiques
- l'absence de réseau
- les bêtes étranges en forme de homard miniature. Heureusement que LeFrère a une connaissance approfondie de la faune corse, il a pu prévoir que la chose sse jetterait à terre après être entrée en contact avec le plafonnier. Il a ensuite délicatement déposé le tapis de bain sur l'insecte et a entamé une danse de la pluie sur le petit rectangle en éponge antidérapante, jusqu'à ce que notre nouvel ami ait subi un régime amaigrissant express (NB : envoyer la recette à Femme Actuelle).
Puis il m'a fait une démonstration de ses talents de prestidigitateur (c'est super dur à écrire vite au clavier ce mot, tous les doigts de la main gauche sont sollicités et il faut intercaler tous les "i" du majeur droit avec une feinte vers le "u" à la fin) : il a reposé le tapis sur le homard, a donné un petit coup de pied dessus et quand il a soulevé le tapis, le bestiau avait disparu. Ben en fait j'ai compris son truc rapidement, il avait pas camouflé le corps dans sa manche, c'est juste que le homard était son complice et est resté accroché sous le tapis.
On a rencontré un serveur neurasténique. Pour ceux qui n'ont pas de Larousse à portée de main, c'est un peu comme narcoleptique mais en permanence (ceux qui connaissent pas non plus le mot narcoleptique, achetez-vous le CD de Renan Luce ou allumez votre radio). En gros, on aurait dit qu'il avait pas pu dormir depuis trois ou quatre ans vu l'énergie débordante dont il faisait preuve.
Je lui ai commandé un Corsica Cola à la place du Coca qu'on venait de commander. Il a eu l'air tellement désespéré que je lui ai dit de laisser tomber. On fait pas une tête pareil juste parce qu'on n'a pas en réserve ce que demande un client. C'est forcément + grave que ça.
Hypothèses :
- Il venait de se faire larguer par la fille du directeur de Corsica Cola.
- Il devait beaucoup d'argent au directeur de Corsica Cola, qui retenait sa fiancée en otage et lui avait déjà envoyé un doigt et une oreille de la jeune fille par la poste.
- Il devait remonter sa main jusqu'à son carnet pour inscrire un nouveau mot, et vu son état d'excitation cérébrale, c'était de loin la supposition la + douloureuse.
Y a un chat qui vient squatter la terrasse à la fin de chaque repas. Je l'ai appelé Sacha. Ça va me manquer de plus avoir d'animal, dans quelques semaines. Idée du Frère : "Prends un raton-laveur. En + il te fera la vaisselle."
Mardi 12 août
On a les voisins les + drôles du monde.
Depuis tout à l'heure, ils chantent Cendrillon, de Téléphone, accompagnés d'une guitare. Petit à petit ils ajoutent leur touche perso.
D'abord ils chantent toujours faux la dernière syllabe des vers.
Ensuite ils ont introduit un solo yaourt avec une voix suraiguë sur la partie instrumentale.
Puis ils sont passés à l'accent canadien (avec de vrais morceaux de belge à l'intérieur, "une fois"). Le cheval blanc est donc devenu caribou. Le tout est donc prononcé de façon très expressive, surtout "rêêêêêves" et "Jun'Kiiie". Ah, et l'ambulance fait Pinpon.
Tiens, maintenant le solo se finit aussi par "caribou".
[...]
Plus tard dans l'après-midi :
La voisine : Vincent il a dit que j'ai une voix de poissonnière.
Le voisin : C'est pas faux.
La grand-mère : Bon vous baissez la musique, vous en faites pas profiter tout le monde, on n'est pas obligé d'écouter les musiques qu'on n'aime pas. Sinon je vais vous mettre du classique, vous allez voir.
Le voisin : Caribou blaaaanc...
Publié par Swani à 15:03:28 dans ...Analyser la situation avec rationalité !° | Commentaires (3) | Permaliens
° Parlons peu, parlez donc à ma place.
Quelques-unes de vos paroles riches en Philosophie, Passoa et Carambar pomme-cassis. Par soucis de discrétion vis-à-vis des auteurs de réflexions atomiques proposées ci-dessous, aucun patronyme ne sera associé aux citations. A vous de faire fonctionner votre mémoire ou votre imagination.
"Eh mais d'où il sort ce chien ? Eh venez, on le bouffe !"
"J'm'appuie sur ton épaule, faut que j'remette ma chaussuuuuuureuh." + grand sourire flippant
"Fais gaffe avec ta clope, j'aime pas qu'on me brûle les yeux."
"Eh j'suis rentrée dans tes toilettes, je rigolais tellement que j'me suis pris l'étagère, j'me suis fait super mal alors ça m'a fait encore + rire et j'me suis dit que j'aurais un truc à raconter en sortant des toilettes."
"C'est un truc antillais." / "Anti-quoi ?" / "En titane."
"Eh Tania, est-ce qu'on peut faire du mal à ton chat ?"
"QUI a mangé la pizza ? Eh sérieux les mecs, c'est moi qui l'ai faite cuire, vous avez pas intérêt à avoir tout mangé."
"J'vous parie que je peux m'allonger à plat ventre dans le hamac." / "Pari tenu que si tu sautes dedans... J'ai vraiment trop envie de te voir te tauler."
"Eh, ya une maison qui marche."
Ma préférée : "Nan mais j'ai une p'tite bouche..."
"Sérieux, ils font plus de Carambar Atomix ?" / "Bah attends, c'était nucléaire ce truc, vu l'usage qu'en faisait les 12-20 ans c'était une mesure de santé publique d'arrêter."
"C'est quoi ta blague Carambar ?" / "Deux nuages ... construisent ... ciel !"
"Ça fait quoi si je verse mon verre dans le bocal de tes poissons ?" / "Oh vas-y, on leur a déjà mis du Doliprane, ça leur a rien fait."
"Eh ça manque de musique, vous trouvez pas ?" / ..... "On chante ?"
"Euh j'ai les chaussures qui collent par-terre, c'est normal ?" / "T'en fais pas, c'est pas tes chaussures, c'est le sol."
"Mais nan j'pleure pas !"
"Eh ben au moins les poissons ils regardent la télé avec moi !"
"On essaie de comprendre de quoi vous parlez." / "De musique." / "Oui, d'accord, le thème on avait trouvé. Mais quelle est la thèse ?"
"J'écris mon nom sur mes couverts pour pas les perdre." / "Génial comme ça en + à la fin de la soirée t'auras ton prénom sur la joue."
"Allez viens danser !" / "Nan j'peux pas, je suis une gothique suicidaire qui se balance toute seule sur une balançoire au clair de lune."
[si vous en retrouvez d'autres parmi vos souvenirs lacrimaux, faut pas hésiter, les commentaires sont faits pour ça. Merci à tous et à bientôt, c'était vraiment une bonne soirée.] °
Publié par Swani à 00:34:05 dans ...Marquer le temps qui passe de galets orange !° | Commentaires (5) | Permaliens
° 4 août après-midi
Chaud
Sur la terrasse
Nos voisins anglais qui sautent en hurlant dans la piscine semblent enfin vaincus par les coups de soleil associés aux plongeons répétés et guturaux.
Merde, j'ai parlé trop vite. L'Anglais hydrophile est de retour, à grand renfort de battements de pied. Sont pas faits comme nous ces trucs-là.
Bon j'en étais où ? ah oui, l'arrivée à Bastia. Après quelques menus virages, arrivée à Saint Florent / San Firenzu. Aaah Saint Florent ! Ses pancartes semi-censurées, ses tongs multicolores aux terrasses des magasins de souvenirs, son double magasin SPAR (le deuxième est moins cher), ses touristes, ses parkings complets...
Rooh mais qu'ils se noient et qu'on n'en parle plus ! Le pire, c'est qu'ils rient, comme si le simple fait d'être immergé était hilarant. Qu'est-ce que ça doit être quand ils oublient leur parapluie avant de partir à l'école... [Et si vous pensez que je dis ça parce que je suis jalouse de la piscine, vous vous plantez grave].
LeFrère : ça veut dire quoi FLNC ?
LaSoeur : Euh front de libération nationale de la Corse, un truc du genre.
LeFrère : ça fait peur.
LaSoeur : Ou alors, fous liberticides nationalistes et cons.
On est arrivés à la location. Le monsieur nous a ouvert torse-poil, la chemisette accrochée sur une seule épaule.
"Non non je faisais pas la sieste." Hinhin. Nan mais tu peux le dire hein, ma grand-mère aussi elle fait la sieste.
On a pris une douche, on a fait la sieste nous aussi (ça m'était pas arrivé depuis mes 5 ans, à part deux ou trois lendemains de fête lycéenne). après on est allés découvrir la plage, annoncer à Mister K l'absence de réseau et comparer mes orteils à des pattes de homard en peluche.
A propos d'orteils, anecdote de déjeuner d'hier : P'pa me fout un coup de pied dans les extrémités évoquées ci-avant.
Swani : AïE.
P'pa : Oh pardon, c'était ton p'tit orteil ?
Swani : Nan. Le gros. Mais c'est pas grave, ça fait mal quand même.
Sur le bord de la route, on croise des voitures sur les aires de repos qui semblent avoir opté pour le repos éternel. Je parle des voitures là, faut suivre. Ce qui est étrange, c'est qu'elles sont encerclées de longues herbes folles alors que partout ailleurs on ne voit que de la terre et des chênes verts. C'est à se demander ce qu'on a enfoui sous leurs roues.
Discussion à table de la famille gravement dingue qui me sert... de famille :
P'pa : Tiens, passe-moi une de ces saloperies corses.
M'man : Spécialités.
P'pa : Ah oui pardon.
M'man [tapote la tête duFrère] : J'aime bien tes cheveux, là on peut les toucher alors que quand t'as du gel on peut pas.
LeFrère : C'est bien pour ça que j'en mes. L'autre avantage, c'est que ça limite l'effet couverture. Parce que sinon c'est un peu comme les poils de chats, c'est bien en hiver, mais en été...
P'pa : Au fait, ton gel, il est toujours dans le frigo ?
Le 5 août
LeFrère [en arrivant sur la plage] : Mais que font tous ces gens sur ma plage ?
Le 7 août
On se familiarise petit à petit avec les produits "dignes de cette terre" (vraiment lu dans un supermarché, à propos de fruits et légumes).
M'man a pris une pizza au saucisson corse hier. On a goûté le Corsica Cola, meilleur que le "vrai".
Dans le genre produits typiquement corses, ya aussi les porte-monnaie en faux cuir gravés de têtes de Corse (avec le bandeau) délicatement colorés de bleu °EDF ^^°, vert pomme ou rose. Ravissant. Les serviettes de plage rose avec tête de Corse bleue ne sont pas ma non plus.
L'autre jour on s'est arrêtés sur le bas côté pour que je puisse prendre une photo. Il y avaiat plein de superpositions de colines dans la lumière du soleil couchant, très joli. Puis on est repartis. Et leFrère s'est mis à hurler "Le COOOOFFRE ! Mais quelle débile, elle a oublié de fermer le coffre !"
C'était drôle.°
Publié par Swani à 23:38:26 dans ...Rire !° | Commentaires (2) | Permaliens
°Suite du récit de notre exploration de l'îlot paradisiaque °ce qui, en France, signifie "ensoleillé"°
2 août
Les cinglés de l'équipage nous ont tambouriné sur la porte à 5h50. J'étais d'une humeur massacrante parce que j'avais les cheveux sales (et que les murs bougeaient bizarrement autour de moi à cause de mes nouvelles lunettes auxquelles j'étais pas encore habituée. Ça va mieux maintenant, merci). LeFrère avait quant à lui un volume de tignasse proche de celui de Bernadette Chirac.
On s'est offert un petit déjeuner dans un café de Bastia pour "onze... dix-huit euros." Moi je dis qu'on n'aurait pas dû laisser le guide du Routard sur la table, ils ont dû inventer une taxe spéciale touriste. En même temps vu notre tronche de mal réveillés et notre teint de scandinaves en hiver, on était repérés à 100 mètres, Routard ou pas.
Accueillis à bras ouverts par de grandes inscriptions murales à la terminologie sybilline "FLNC FLNC FLNC" nous nous aventurâmes à l'intérieur des terres.
Penchons-nous sur le dialecte en usage :
Homme parlant dans un téléphone portable : "Vous avez le bonjour du port de Bastia. Amitiés." Clairement, un langage crypté, très proche du style résistance 1944.
Une fille qui traînait une grosse valise : "Attends-moi parrain !" Fini l'époque de l'omertà, tout le monde s'appelle par son nom là-bas.
Une femme à son mari, en montrant une plaque sur une porte : "Tiens, là, un avocat !"
La population est dépaysante. Quand je pense qu'à O°°° les gens se larguent en mangeant des gauffres et s'affolent quand ils oublient la carte Quick...
Puis LeFrère a eu mal au ventre. Après les virages c'était pire, ou mieux selon le point de vue, on aurait dit qu'il allait claboter. Enfin tout ça c'était du chiqué parce qu'il a quand même mangé un croque-monsieur à midi pendant que je mangeais la meilleure pizza quatre fromages de ma vie. Les parents ont pris une salade corse, avec du jambon à couenne imbouffable, mais faut pas le dire parce qu'on est en Corse et on veut bien aller se baigner, mais sans bracelet de cheville en béton. P'pa a recraché discrètement son morceau et l'an planqué sous un bout de salade, sinon il serait mort étouffé. M'man a passé l'épreuve de bizutage avec + de succès. Elle a enlevé la couenne.°
3 août
22h33
27°C
On a failli mourir.
On a croisé un Corse d'un peu près. Il doublait un Irlandais dans un virage. Comme a dit LeFrère, ce genre d'attitude a une légère tenddance à renforcer le préjugé.
Publié par Swani à 00:15:55 dans ...Rire !° | Commentaires (0) | Permaliens
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