°
Offrir quelques plumes aux griffes d'un lynx.
Du bout des doigts, retrouver l'hyperbole.
Pas la moindre férocité, mais affamés.
Être (et avoir) en vie.
°
Impossible de vous dire qui je suis, ça change tout le temps.
On dit que je me pose trop de questions, que je me complique la vie. C'est toujours mieux que l'inverse.
Ce blog est une tentative désespérée de représenter partiellement l'imbroglio généralisé qui a élu domicile quelque part entre Moi et Ça, parfois auto-proclamé abusivement (et fort subjectivement) "Réflexions".
Alors lisez-le si vous avez un peu de temps, peut-être que vous comprendrez mieux que moi.
NDLR : Nous déclinons toute responsabilité en cas d'incompréhension sémantique de la terminologie employée ci-contre; ci-après, ci-dessus et ci-joint.
° Sur la maison du rire
Un oiseau rit dans ses ailes.
Le monde est si léger
Qu'il n'est plus à sa place
Et si gai
Qu'il ne lui manque rien. [Paul Eluard, Capitale de la douleur]
J'essaie de comprendre pourquoi ce poème m'obsède. Pourquoi je l'aime. Mais ça n'a pas d'importance.
Il y a un poème de Prévert qu'on m'a forcée à apprendre quand j'étais en primaire °j'estime l'époque du cataclysme à mon année de CM1, sans conviction°. Ce poème est connu, enfin je crois, il parle d'une méthode pour attraper un oiseau. Peindre un arbre, non, peindre une cage, et puis un truc qui attirerait l'oiseau dedans et poser le tableau contre un arbre °j'avais anticipé l'apparition de l'arbre° et puis attendre qu'un oiseau trop con ou naïf se pose dans la cage °c'est un poème je vous rappelle, tout peut arriver° et alors arrivait le moment que je détestais °que je déteste encore° où il fallait fermer la porte avec le pinceau pour que l'oiseau reste prisonnier, bien sûr il disait pas "prisonnier", pas fou le poète, ça casse tout, surtout qu'il était pacifiste et de gauche Prévert, et puis il oubliait pas de dire qu'on effaçait les barreaux, sinon ça fait pas clean, n'empêche l'oiseau il était enfermé et à la fin, il reprenait pas sa liberté, surtout que la porte de la cage avait disparu avec les barreaux donc on pouvait plus l'ouvrir.
Je viens de retrouver et de relire "Pour faire le portrait d'un oiseau" et j'avais oublié le meilleur : à la fin, si l'oiseau ne chante pas c'est mauvais signe, signe que le tableau est mauvais, autrement dit l'oiseau, il est coincé pour toujours et surtout pour rien, mais s'il chante, on peut lui arracher une plume pour signer le désastre. Youpi.
D'habitude j'aime vraiment bien Prévert, même si parfois c'est un peu facile de dire "la guerre c'est pas très très bien". Mais là franchement, c'est une horreur. M'en fous du soit-disant effet poétique, "peindre la poussière du soleil" et tout. A cause de cette poésie débile qu'on a fait ingurgiter à toute notre classe qui a ensuite été contrainte de l'annonner avec application à côté du bureau de la maîtresse °29 récitations du texte à fort potentiel vomitif°, à cause de ça, j'ai bien failli ne jamais aimer la poésie.
N'ai changé d'avis qu'il y a 3 mois. Merci Madame Bel-Homme de Petite Taille. Merci Eluard. J'ai même lu Paroles et j'ai trouvé ça pas si mal. Surtout L'orgue de Barbarie.
Tout ça pour dire que ça devrait être interdit de faire apprendre des "récitations" aux mioches en primaire. C'est le genre de connerie de l'éducation nationale °une de +° qui traumatise des générations. Comme si on pouvait "initier l'enfant à la sensibilité poétique". Pfff! Remarquez, j'ai pas parlé de Desnos, je crois que pour dégoûter de la poésie, ya pas mieux.
En fait si je vous raconte tout ça °je me rattrape, ça faisait des jours que je pouvais plus rien écrire tellement on a de devoirs "eh oui c'est ça la Terminale" gnéé j'adore ton sens aigu de l'analyse P'pa, enfin bon pour l'instant j'ai pas à me plaindre, il n'a pas encore sorti le célèbre "dis donc va falloir limiter l'ordi cette année..."° donc si je vous raconte tout ça, c'est parce que je suis retombée sur une page gribouillée il y a longtemps dans un cahier, je venais de lire le poème d'Eluard et ça m'a fait penser à l'autre de Prévert, parce que sur le coup c'était tout à fait inconscient mais le lien entre cette page et ce simulacre de poème bondit aux globes oculaires, enfin bref, c'est pas très clair, pour une fois que je fais un article qui part dans tous les sens et qui ne demande donc à peu près aucune réflexion... c'est marrant, j'écris le double de d'habitude en 3 fois moins de temps, BREF j'arrive à ce que je voulais écrire au départ °je sens que je suis en train de vous perdre, amis lecteurs, promis, ça ne se reproduira (peut-être) pas (souvent)° :
Cette année est ma dernière année de calme tourment. Donc l'année de tous les questionnements. Dans 3 mois, inscriptions pour le bac. Dans 5 mois, inscriptions pour APRES. Va falloir prendre des décisions. Choisir.
On se demande ce qu'on sera après. Et puis d'un coup on se demande ce qu'on a foutu tout ce temps, avant, quand on avait le temps de réfléchir et qu'on a rien prévu. Le 19 mai, ça donnait ça (à quelques modifications près)...
"" Quand on est petit on a plein de rêves, plus tard, plus tard je ferai ça. Et puis on attend. On n'a pas encore l'âge. Et on s'enterre. Sans même le savoir, on construit avec application une jolie cage, la vie provisoire pour attendre la réalisation des rêves. Et sans même s'en rendre compte, on tresse la cage sans prévoir la porte. On est trop occupé à attendre pour penser à s'envoler. Après on peut bien s'écorcher les doigts sur les barreaux, c'est trop tard, tout nous retient à l'ancien "provisoire".
Je pense aux portes. J'y pense tout le temps. Petite, j'ai dû lire ou entendre une mise en garde.
J'ai pensé aux porte. Je n'ai pas oublié d'en faire plusieurs dans les murs de ma cage. Mais encore faut-il oser les ouvrir.
J'ai peur de dehors.
J'ai peur de ne pas savoir voler.
J'ai peur d'ouvrir la mauvaise porte. Non ! Il n'y a PAS de mauvaise porte. (Je tente de m'en convaincre.)
J'ai peur du confort de ma petite cage. Je me méfie de tout et surtout de moi.
J'ai peur d'avoir inventé ces portes et de rester prisonnière.
J'ai peur de faire comme les autres, j'ai peur de faire leurs erreurs et de me contenter de leurs piètres victoires.
J'ai peur d'être comme les autres. J'ai peur que ma vie soit écrite à côté de celle de milliards d'autres dans un grand llivre à l'encre indélébile.
J'ai peur de ne pas pouvoir choisir Ou de ne pas osser choisir.
J'ai peur d'attendre toute ma vie.
J'ai peur d'ouvrir une porte et de comprendre que ma jolie cage me protégeait de l'enfer.
J'ai peur que les portes se ferment avant que je les ouvre, ou qu'elles claquent derrière moi, m'empêchant de faire marche arrière.
J'ai peur de rester immobile. J'ai peur de bouger et de tout perdre.
Faut vraiment que je me décide à faire ce que je suis au lieu d'observer la situation. ""
Je crois que le point de départ de tout ça, c'est mon inscription à l'école d'Art. C'est fascinant de voir tous les points communs qui existent entre les choses.°
Publié par Swani à 23:28:26 dans ...Ecrire !° | Commentaires (3) | Permaliens
° Désemparée.
On croit qu'on connaît ceux qui nous entourent. On croit qu'on sait. °Petite pensée pour Socrate au passage° On croit même qu'on sait que ce qu'on croit n'est pas forcément vrai, qu'on peut faire des erreurs d'appréciations. On croit donc qu'on sait se méfier et démêler le faux du vrai. On croit plein de choses en fait.
On a tort.
Certains semblent ne pas nous voir, c'est pas qu'ils ne nous aiment pas, c'est juste qu'on croit qu'on n'existe pas pour eux. Et puis un jour, en quelques mots °et une étoile°, ils prouvent le contraire.
Certains
semblent nous oublier, c'est vrai qu'on a passé de bons moments
ensemble mais chacun fait des choix, on suit sa voie, on s'éloigne, on
croit que c'est comme ça, ça fait partie de la vie. Et puis un jour, en
quelques mots °et quelques rires°, ils prouvent le contraire. °et
on comprend que c'est aussi un peu notre faute et qu'il suffisait de
faire le premier pas, et pas forcément un pas en arrière, pour se
retrouver.°
Certains semblent nous aimer, parfois même ils nous le disent, alors on croit qu'on est important pour eux et qu'ils ne veulent pas nous faire de mal. Et puis un jour, en quelque mots, ils prouvent le contraire.
En ce moment, vous vous conduisez vraiment comme des oxymores.
Si
vous vous reconnaissez dans ces gens, c'est peut-être normal, peut-être
pas prévu. Ne croyez pas non plus que vous n'en ferez jamais partie. Connaissez-vous vous-mêmes disait Socrate °et là on sent que je viens de vivre mes premiers cours de philo°. Ok mais comment on fait pour connaître les Autres ?°
Publié par Swani à 23:04:46 dans ...Trouver des questions [et quelques réponses] !° | Commentaires (4) | Permaliens
° 6h57 Réveil avec Placebo Meds, I was alone, Falling free, Trying my best not to forget What happened to us, What happened to me, What happened as I let it slip... Babyyy did you forget to take your meds ? /// Cause I. can. see in the dark... Stop. Quand faut y aller, c'est dur d'y aller. Froid Froid Froid Tremble Tremble Tremble et ne croise pas les doigts, ça te porte malheur.
P'tit déj', douche, habillage, ne pas être en retard. Neutralité. Cham a dit de rester neutre. Pas d'optimisme ostentatoire, pas de pessimisme perturbant. Pfff elle est marrante, c'est pas elle qui va passer son année toute seule avec des ES et un emploi du t... Neutralité !
8h30 devant le lycée. Evidemment les listes ne sont pas encore affichées. On se retrouve en attendant, on enchaîne les banalités et les blagues inutiles, on rigole nerveusement.
Et puis... on a touché du bois (palpe, palpe le banc). Et puis... on a rien touché d'autre après pour pas parasiter le sortilège. Et puis... "Bon allez, t'es prête ? On y va !" Et puis... "j'me vois pas... j'te vois pas non plus... attend, dans l'autre liste... Ah ! J'y suis ! Ah ! Et ya Cham ! C'est quoi ton nom déjà ? °Dans cet état de fébrilité apoplectique, impossible de connecter + de 2 neurones à la fois° Ah ! T'y es aussiii ! Et Marinette ? j'vois pas le bout de la liste ! Ah si ! On est TOUTES LES 4 !!" Plus hystériques qu'un jour de résultat de bac. °Comment ça on en sait rien, on l'a pas encore passé ?°
Cette année promet d'être... amusante !
Notre prof principal, le prof de philo, c'est un taré. Quand il envoie quelqu'un à la vie scolaire, il lance "Si vous êtes pas là dans une demie heure, on lance les avis de recherche !". Quand il nous donne nos emplois du temps, il précise qu'il faut "se préparer moralement à des changements et peut-être à des sacrifices déchirants" °suit un monologue à forte connotation lyrique°. Puis il nous annonce que personne n'a le droit de sortir du lycée entre les cours, même les majeurs. "HEIN ?" "C'était pour voir si vous suiviez." En fait, le seul changement dans le règlement, c'est que "les élèves souffrants" ne peuvent plus quitter le lycée sans autorisation. "Sinon on lâche les chiens."
Bon, c'est pas tout ça mais...
"Monsieur, vous savez où ils sont, nos casiers, cette année ?"
"Nullement."
Et puis on a découvert La Philosophie. D'abord les règles "strictes" : on prend des notes, on respecte "les délais de rigueur", on fait de la philo et on apprend au fur et à mesure. Mais comment allons-nous supporter une telle tyrannie ??
Enfin, le cours. On a commencé par les bases. Qu'est-ce que la philo ? "Contrairement à ce que beaucoup pensent, c'est pas du flux de pensées dans les nimbes."
Cham : c'est la réincarnation de Baudelaire ou quoi ?
Quelqu'un : "C'est euh... argumenter pour..."
"D'accord, mais argumenter, c'est quoi ?"
"C'est euh..."
"Y a un nom qui saute aux yeux."
"Argument ?"
"Oui très bien ! Mais alors, qu'est-ce qu'un argument ?"
"C'est ce qu'on dit pour défendre son point de vue."
"Et qu'est-ce qu'un point de vue ?" °Bon, si on continue comme ça, on n'a pas fini...°
Et puis yavait pas que ça, mais je vais pas vous raconter toute ma vie non plus parce qu'il est tard.
Hier c'était... décevant, déprimant, dégueulasse, difficile, douloureux ... P.l.u.i.e... Quelques vers de Verlaine... Il pleut doucement sur la ville...
Aujourd'hui c'était... génialissime ! 'S'o'l'e'i'l' ! Une certaine mélodie (et une certaine autre) (et une certaine écriture... j'me comprends et j'suis la seule) ! La Lettre !
Oxymore entre les jours, les humeurs, les actes, les pensées, les envies, les préoccupations. Téléscopage. Oxymore vitale. Isotope de l'Oxygène.
Bon, tout n'était pas parfait, loin de là. Je pense par exemple aux problèmes d'emploi du temps
"Monsieur, comment on fait pour aller en italien et en anglais en même temps ?"
"Monsieur, on a des matières bizarres, ça veut dire quoi ita/maths ? et Spé Maths L/Anglais Europe ?"
"Monsieur, ceux qui font allemand ils ont pas de cours d'anglais LV2..."
et puis surtout, l'atelier théâtre est passé à la trappe, dans notre classe il reste une heure à la Trotinette, quant à Pao elle a plus théâtre du tout. Je sais pas si vous réalisez ce que vous venez de lire. Pao elle peut plus faire de théâtre. Pao je la connais mal même si je connais son blog °presque° par coeur. Mais Pao, elle est comme la Trotinette, elle aime pas le théâtre, elle vit le théâtre. Ils peuvent pas leur faire ça. Ils peuvent pas lui faire ça.
Et puis elle était pas la seule à déprimer ce soir.
J'aime pas être heureuse quand je peux pas le partager. Ça sert à rien.°
Publié par Swani à 23:34:27 dans ...Marquer le temps qui passe de galets orange !° | Commentaires (0) | Permaliens
° Quelqu'un peut m'expliquer pourquoi tous mes articles se publient en (ddoouubbllee)² en ce moment ? [Oui je sais, là ça vous paraît pas évident mais c'est parce que je repasse systématiquement derrière pour effacer le N°2]
Simple question.
Histoire de penser à autre chose.
Bon. Je retourne noyer mon désespoir dans la contemplation h.y.p.n.o.t.i.q.u.e des grenouilles h.y.p.o.g.l.y.c.é.m.i.q.u.e.s tricéphales piétinant les saintes pensées des acordéons e/n/r/h/u/m/é/s. Oui, ça va si mal que ça.°
Publié par Swani à 16:46:34 dans ...Trouver des questions [et quelques réponses] !° | Commentaires (3) | Permaliens
° Tiens pour une fois, jvais écrire un article de rageuse.
Alors que j'ai même pas envie.
Juste pour vous dire ce dont vous vous foutez pas mal.
Parce que y a pas de raison, sur tous vos blogs ya un article pour vous plaindre que vous aviez envie d'y être mais on vous a pas invités. Moi j'ai toujours fermé ma gueule, j'ai toujours trouvé des raisons, pas assez proche, pas assez disponible, pas assez ancienne dans le groupe, pas assez de place chez l'invitant... et puis cette fois j'en trouve pas, donc c'est juste que vous m'aimez pas trop. Mais peut-être que je me fais des films et que vous m'aimez pas du tout. Je vous reproche rien mais comme je me sens seule et que j'suis déjà déprimée par autre chose, j'ai besoin d'écrire cet article à la con. Autrement dit, j'ai envie que vous vous sentiez coupables de mon caractère inintéressant.
L'autre jour, c'est toi qui étais triste, on en a parlé, je t'ai dit que c'était dur la première fois et puis on s'y fait. Bah c'était faux. Déjà que j'en étais pas sûre juste après l'avoir écrit, là tu vois j'en suis certaine.
L'an dernier j'étais là-bas et c'était génial.
L'an dernier j'avais pas encore ce blogg pour tout raconter mais j'avais coincés quelques fou-rires dans du papier.
L'an dernier aussi y avait le feu, on avait aussi failli mourir brûlés par les étincelles dans notre sommeil, on avait aussi eu super froid et la tronche grillée, on avait aussi été recouverts de cendres. A ce propos, j'avais déjà dit que c'était Pompéi.
L'an dernier aussi y avait la piscine et un terrain de tennis.
L'an dernier y avait aussi le chien, "ça va un peu trop vite entre nous" lui avait dit Maryloux, on avait fait brûler de la pizza, on avait loué un car Ulyss, "Les bernard-lhermite et les crevettes c'est des crustacés." "Et les sardines aussi ?" ... "Les crustacés s'incrustent assez" ... "Pluton c'est la + grosse planète du système solaire, bande d'incultes !" ... le réveil avait sonné à 5h02.
L'an dernier y avait pas autant de monde et j'en revenais pas d'avoir été invitée, à croire que c'était juste une erreur dans le mail d'invitation.
L'an dernier j'allais beaucoup + mal que maintenant et ça m'avait énormément apaisée de sentir que je comptais pour vous.
Les choses changent, c'est comme ça, on n'y peut rien, on comprend pas pourquoi.
Romanus, merci beaucoup pour ce 31 Août 2006, je te l'avais pas assez dit mais j'étais vraiment heureuse d'avoir pu venir.
En fait, ce que je voulais vous dire, c'est peut-être juste que je vous aime. Malgré tout et même si vous m'aimez beaucoup moins.°
Publié par Swani à 12:24:38 dans ...Vous écrire ce que je n'ose pas toujours dire !° | Commentaires (1) | Permaliens
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