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Offrir quelques plumes aux griffes d'un lynx.
Du bout des doigts, retrouver l'hyperbole.
Pas la moindre férocité, mais affamés.
Être (et avoir) en vie.
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Impossible de vous dire qui je suis, ça change tout le temps.
On dit que je me pose trop de questions, que je me complique la vie. C'est toujours mieux que l'inverse.
Ce blog est une tentative désespérée de représenter partiellement l'imbroglio généralisé qui a élu domicile quelque part entre Moi et Ça, parfois auto-proclamé abusivement (et fort subjectivement) "Réflexions".
Alors lisez-le si vous avez un peu de temps, peut-être que vous comprendrez mieux que moi.
NDLR : Nous déclinons toute responsabilité en cas d'incompréhension sémantique de la terminologie employée ci-contre; ci-après, ci-dessus et ci-joint.
Un de plus
Un de plus
Un sans raison
Mais puisque les autres
Se posent les questions des autres
Et leur répondent avec les mots des autres
Que faire d'autre
Que d'écrire, comme les autres
Et d'hésiter
De répéter
Et de chercher
De rechercher
De pas trouver
De s'emmerder
Et de se dire ça sert à rien
Il vaudrait mieux gagner sa vie
Mais ma vie, je l'ai, moi, ma vie
J'ai pas besoin de la gagner
C'est pas un problème du tout
La seule chose qui en soit pas un
C'est tout le reste, les problèmes
Mais ils sont tous déjà posés
Ils se sont tous interrogés
Sur tous les plus petits sujets
Alors moi qu'est-ce qui me reste
Ils ont pris tous les mots commodes
Les beaux mots à faire du verbe
Les écumants, les chauds, les gros
Les cieux, les astres, les lanternes
Et ces brutes molles de vagues
Ragent rongent les rochers rouges
C'est plein de ténèbre et de cris
C'est plein de sang et plein de sexe
Plein de ventouses et de rubis
Alors moi qu'est-ce qui me reste
Faut-il me demander sans bruit
Et sans écrire et sans dormir
Faut-il que je cherche pour moi
Sans le dire, même au concierge
[...]
Faut-il faut-il que je me fourre
Une tige dans les naseaux
Contre une urémie du cerveau
Et que je voie couler mes mots
Ils se sont tous interrogés
Je n'ai plus droit à la parole
Ils ont pris tous les beaux luisants
ils sont tous installés là-haut
Où c'est la place des poètes
Avec des lyres à pédale
Avec des lyres à vapeur
Avec des lyres à huis socs
Et des Pégase à réacteur
J'ai pas le plus petit sujet
J'ai plus que les mots les plus plats
Tous les mots cons tous les mollets
J'ai plus que me moi le la les
J'ai plus que du dont qui quoi qu'est-ce
Qu'est, elle et lui, qu'eux nous vous ni
Comment voulez-vous que je fasse
Un poème avec ces mots-là ?
Eh ben tant pis j'en ferai pas.
Boris Vian, Je voudrais pas crever.
Publié par Swani à 00:10:23 dans ...Ecrire !° | Commentaires (2) | Permaliens
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